Alice Nkom : «La communauté internationale ne peut pas se substituer à la souveraineté d’un peuple»

L’avocate et porte-parole d’Issa Tchiroma Bakary, principal opposant à Paul Biya lors de la présidentielle controversée d’octobre 2025 a réagi ce matin dans la foulée d’un contexte international marqué par l’enlèvement et la déportation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis d’Amérique. Lisons.

La loi du plus fort n’a jamais été, et ne sera jamais, une solution juste dans les relations internationales. Elle peut, dans des circonstances exceptionnelles, apparaître comme un ultime recours. Mais elle ne peut ni fonder la paix, ni créer la légitimité. La réalité est simple : lorsqu’on vole les élections à un peuple, ce peuple est placé devant un choix historique.

Soit il accepte la dictature. Et alors tout s’enchaîne : ses impôts, prélevés au nom de l’État, sont détournés ; ses ressources naturelles, censées financer l’éducation, la santé et les infrastructures, sont confisquées par une minorité ; et la richesse collective devient le patrimoine privé du pouvoir.

Soit il décide d’aller au bout de sa volonté démocratique. Il affirme que l’impôt n’est légitime que s’il est voté par un pouvoir issu des urnes. Il affirme que les ressources d’un pays appartiennent au peuple, et non à un régime imposé par la fraude. Dans ce cas, le peuple peut choisir de paralyser l’économie, non par goût du chaos, mais pour rétablir la légitimité et installer celle ou celui qui a été légalement élu.

Qu’il n’y ait aucune illusion : aucune puissance extérieure ne viendra restituer nos impôts, aucune force étrangère ne protégera durablement nos ressources à notre place. La communauté internationale peut observer, alerter, accompagner. Elle ne peut pas se substituer à la souveraineté d’un peuple.

Ce qui doit être fait à l’intérieur ne sera jamais fait de l’extérieur. La liberté, comme la dignité, ne se délègue pas. La démocratie ne s’impose pas. Elle se défend.

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