CAMEROUN : UN SOUS-PRÉFET VIOLE LES DROITS ÉLÉMENTAIRES DES NIGÉRIANS

Yaoundé a goûté très peu à la décision de Ngah Koa Roland, chef de terre de Mouanko, interdisant la pêche aux Nigérians installés à Mbiako, sous le prétexte que ces derniers n’ont pas contribué (financièrement) à la célébration de la fête nationale du 20 mai 2023.

Par Njiki Fandono

Les relations entre le Cameroun et le Nigéria n’ont jamais été aussi détendues au plan diplomatique depuis la fin du conflit de Bakassi en 2008, et Yaoundé miserait tout pour préserver ce bon voisinage, comme l’illustre cette lettre adressée par Felix Mbayu au ministre de l’Administration territoriale le 31 juillet 2023. En effet, Tout commence le 25 juillet 2023. Prenant pour prétexte le «boycott» des commodités relatives aux préparatifs de la fête nationale du Cameroun le 20 mai et la tenue des réunions de Comité de coordination administrative (CCA) ; et Comité de coordination de l’ordre public et de sécurité (CCO) des 26 et 27 mai derniers, Ngah Koa Roland, le sous-préfet de Mouanko, interdit à titre provisoire l’activité de pêche à la communauté nigériane de Mbiako. Cette mesure, symbole d’une pratique controversée qui consiste pour l’administration préfectorale à exiger aux collectivités territoriales décentralisées – et manifestement à des communautés étrangères – de contribuer financièrement à l’organisation des fêtes nationales du pays, a provoqué un malaise à Yaoundé. Mis au parfum, le ministère des Relations extérieures va rappeler le sous-préfet de Mouanko à l’ordre en écrivant à sa hiérarchie, le ministre de l’Administration territoriale, non sans livrer une information importante sur la commémoration de la victoire diplomatique du Cameroun sur l’affaire Bakassi.

Une pratique vieille et controversée

«Il me plait de relever qu’à l’aube de la célébration du 15e anniversaire de la rétrocession de la presqu’île de Bakassi au Cameroun par le Nigéria, qui sera rehaussée par la présence de l’ancien Chef de l’Etat nigérian S.E Olesegun Obasandjo, en qualité d’invité d’honneur du Chef de l’Etat S.E Paul Biya, l’écho d’une telle décision ne manquerait pas de susciter des spéculations quant aux traitements réservés à la communauté nigériane vivant au Cameroun», écrit le ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures. Bien plus, la note de Felix Mbayu souligne une atteinte à un droit élémentaire de tout être humain, à savoir le droit au travail, dont se serait manifestement rendu coupable le sous-préfet de Mouanko à l’égard de la communauté nigériane, «sous le prétexte de la non contribution aux préparatifs de la fête du 20 mai 2023». Ngah Koa Roland a été techniquement prié de revoir sa copie, afin de préserver la cohésion sociale et l’harmonie au sein de son unité administrative et consolider la qualité des relations bilatérales entre le Cameroun et le Nigéria.

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