TRIOMPHE DES LIONNES : SAMUEL ETO’O SAVOURE SA REVANCHE

Très critiqué pour la qualité de sa gestion et la virginité de son bilan sportif depuis son élection en 2021, le président de la Fédération camerounaise de football marche sur l’eau depuis le sacre de l’équipe nationale féminine à la CAN.

Par Njiki Fandono

Historique ! Ainsi se résume la victoire en finale des Lionnes Indomptables du Cameroun le 16 août 2026 à Rabat. Les poulains de l’entraîneure Valentine Nguélé n’y étaient pas du tout attendus. Les Lionnes Indomptables avaient été éliminées lors des qualifications pour cette CAN en terre marocaine, avant que la CAF ne décide plus tard d’élargir le nombre de participants en repêchant le Cameroun parmi les quatre meilleures sélections africaines du classement FIFA.

Il n’en fallait pas plus pour que les coéquipières de Monique Ngock (meilleure joueuse du tournoi) et de Michaëly Inès Bihina (meilleure gardienne) émerveillent les amoureux du football en offrant au Cameroun la toute première CAN féminine de son histoire. Et de quelle manière ! Les Lionnes Indomptables ont dévoré le Malawi 3-0 en finale, devant le Premier ministre Joseph Dion Ngute qui conduisait une délégation ministérielle.

Du haut de la tribune officielle du stade Prince Moulay Abdallah presque vide, un homme marque cependant les esprits par ses gestes grandiloquents. Plus qu’une joie pour son pays, c’est aussi une histoire personnelle qu’il entend écrire à travers la performance irrésistible des Lionnes Indomptables sur le terrain. Lui, c’est Samuel Eto’o Fils, le président de la fédération camerounaise de football (Fecafoot).

Depuis le début de la compétition, l’ancien buteur des Lions Indomptables s’était montré discret. Rompant avec l’habitude du dirigeant «trop présent», voire «encombrant» lorsque les équipes nationales séniors sont en compétition, obseve un fan des Lions. Certains détracteurs acharnés aimaient d’ailleurs s’amuser avec un humour noir à traiter de «poisseux» la légende du FC Barcelone. Allant jusqu’à parier que sa présence à cette finale serait synonyme de «défaite» pour les Lionnes Indomptables. À l’arrivée, c’est plutôt l’effet inverse qui s’est produit et depuis lors, Samuel Eto’o marche sur l’eau.

Contre-attaque

L’attaquant légendaire de l’Inter de Milan en Italie et de Mallorque en Espagne ne fait aucun cadeau à ses adversaires désignés ou non. Il mène la contre-offensive au grand bonheur de ses soutiens qui s’étaient illustrés il y a quelques semaines par une riposte aussi virulente que les sorties au vitriol de l’enseignant d’université Mathias Eric Owona Nguini qui avait traité Samuel Eto’o d’«illettré».

«Un certain [«intellectuel»] se donne beaucoup de mal, ces derniers temps, pour exposer aux yeux de tous les limites de sa pensée. Il souhaiterait, paraît-il, débattre avec moi. Cela n’arrivera pas», promet Samuel Eto’o ce mardi 18 août 2026 sur son compte Facebook. Le patron de la Fecafoot qui est toujours entre deux avions semble avoir mieux à faire et le regard tourné vers d’autres objectifs.

«En voyant cette image – celle d’une Lionne qui embrasse une gamine sur le front lors du passage du convoi des championnes d’Afrique à Yaoundé (ndlr) – ce matin, je me suis fait une promesse : je ne cesserai jamais de me lever contre ceux qui veulent nous imposer leur médiocrité», écrit le quadruple ballon d’or africain dans sa missive épistolaire aux relents revenchards.

Les «voleurs» ciblés

Samuel Eto’o s’adresse à «ceux dont la fortune reste intraçable. Ceux qui voudraient nous faire croire que, dans ce beau pays, nous devrions tous être des voleurs.
Ceux qui veulent faire croire que réussir, au vu et au su de tous, serait devenu un crime. Des hommes sans parcours, sans bilan et parfois sans véritable CV voudraient tuer l’espoir et briser les rêves de toute une génération, simplement pour préserver leurs petites places et leurs petits intérêts».

Parti de son New-Bell, un quartier populaire de la capitale économique Douala pour se hisser au sommet du football mondial, Samuel Eto’o saisit l’occasion d’un triomphe inespéré pour marteler son engagement en faveur des démunis. «Tant que Dieu me donnera la force de me tenir debout, je me battrai pour ce Cameroun que j’aime. Pour cette jeunesse qui a le droit de rêver. Pour tous ceux qui doivent comprendre qu’il est encore possible de partir de presque rien, de travailler, de tomber, de se relever et de réussir» a-t-il souligné dans la même publication, en attendant le prochain grand RDV sportif du Cameroun. Ce sera à la coupe du monde de football féminin du 24 juin au 25 juillet 2027 au Brésil où un autre exploit des Lionnes Indomptables est vivement attendu.

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