CAMEROUN : PAUL BIYA DE RETOUR À YAOUNDÉ APRÈS 73 JOURS D’ABSENCE

Parti le 7 juin 2026 à destination de Genève pour un «court séjour privé», le chef de l’État a atterri dans la capitale camerounaise ce 20 août. Une présence qui devrait rassurer au plan institutionnel et disciper les doutes sur une navigation à la gaudriole.
Par Njiki Fandono
C’est la saison des évènements historiques au Cameroun depuis dimanche dernier, jour du sacre des Lionnes Indomptables qui ont remporté la première CAN de football féminin de leur histoire au Maroc. Depuis leur atterrissage au pays, les joueuses sont logées à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé. Elles attendent impatiemment d’être reçues par le couple présidentiel au Palais de l’Unité comme le veut la tradition, après un séjour tout aussi historique à l’étranger de par sa durée record de 73 jours qui aura fait couler beaucoup d’encre et de salive.
L’absence inédite du chef de l’État pour des raisons inconnues du grand public a nourri les spéculations les plus sombres sur le destin politique d’un pays suspendu aux fréquences cardiaques de Paul Biya, ce président de 93 ans mainte fois annoncé mort par la rumeur depuis 2004 mais toujours en vie.
Cette funeste et habituelle comète a récemment fait dire à Samuel Mvondo Ayolo, le directeur du cabinet civil qui accompagne le président dans ses voyages, que «ceux qui attendent la mort de Paul Biya partiront avant lui».
De nombreuses attentes
Au-delà de la frénésie émotionnelle et médiatique suscitée par ce retour retransmis en direct par la télévision nationale, de nombreuses attentes demeurent sans réponse pour le pays tout entier. En bonne place, figure la nomination d’un nouveau gouvernement. Annoncé depuis le 31 décembre 2025, il n’a toujours pas vu le jour huit mois après. Tout comme la nomination d’un Vice-Président de la République, le successeur constitutionnel en cas de vacance du pouvoir, poste créé par l’exécutif à travers un projet de loi adopté par l’Assemblée nationale en avril 2026 malgré les vives critiques de l’opposition et la société civile.
Est également attendue, la tenue du Conseil supérieur de la magistrature pour renouveler ce corps important du pouvoir judiciaire qui, à l’image des autres secteurs de la haute administration camerounaise, n’échappe pas aux accusations et soupçons de corruption, clientélisme et traffic d’influence.
Ce serait ainsi un signal fort que le président de la République réélu en octobre 2025 pour un huitième mandat contesté par son principal challenger Issa Tchiroma Bakary – exilé en Gambie – enverrait à ses compatriotes, aux investisseurs et partenaires étrangers qui ne cachent pas leur inquiétude, quant à la capacité de l’homme du 6 novembre 1982 à redonner un nouveau cap au bateau Cameroun.

