Équipe de France : Arsène Wenger lie la réussite des Bleus à l’immigration

L’ancien entraîneur emblématique d’Arsenal estime que le rayonnement du football français et notamment de son équipe nationale est tributaire des origines étrangères de ses joueurs. Une sortie qui ne plaira pas forcément à la droite radicale incarnée par le Rassemblement national et Bruno Rotailleau.

Par Njiki Fandono

Arsène Wenger a jeté un pavé dans la marre du débat sur l’immigration en France, à neuf mois du premier tour de l’élection présidentielle. L’ancien entraîneur d’Arsenal qui supervise en ce moment la coupe du monde de football en Amérique du Nord pour le compte de la FIFA a dit tout haut ce qu’il pense de l’immigration et de son apport dans le rayonnement des Bleus, de Kopa à Dembelé en passant par Zinedine Zidane.

Interrogé en effet dans le podcast de Toni Kroos sur les raisons du succès de l’équipe de France, Arsène Wenger a estimé que l’immigration faisait partie des clés de la réussite des Bleus, ont rapporté nos confrères du journal L’Equipe.

«Je pense que notre réussite vient de la qualité de l’éducation, dans l’identification des talents, qui est négligée dans de nombreux pays, et aussi de l’immigration africaine», a déclaré l’homme aujourd’hui âgé de 76 ans.

En fin connaisseur de l’histoire du football français, la légende d’Arsenal poursuit : «Quand vous prenez l’histoire du football français, notre histoire est très liée à l’immigration. Le premier Ballon d’Or français, Kopa, était d’origine polonaise. Ensuite, on a eu Platini, une immigration italienne, puis Zidane, une immigration algérienne. Papin n’était pas immigré, puis on a ensuite eu Benzema, une immigration algérienne, et maintenant, Dembélé, une immigration africaine».

Arsène Wenguer explique que ces immigrés viennent parce qu’ils sentent qu’il y a «un vrai potentiel d’éducation en France et ils ont souvent faim, car Ils savent qu’ils doivent se battre pour être au mieux». Le technicien français fait aussi savoir que parfois, le seul moyen qui s’offre à ces étrangers pour espérer une vie meilleure est de jouer au football.

Ces propos dithyrambiques sur l’immigration ne feront pas forcément plaisir à l’Extrême-droite de Marine Le Pen et Jordan Bardella, tout comme à la droite radicale incarnée par Bruno Rotailleau qui ont tous fait de la question migratoire leur cheval de bataille et entendent l’imposer lors des débats de la présidentielle d’avril (1er tour) et mai (2e tour) 2027.

Dans ce contexte, et au regard des performances XXL de l’équipe de France à la coupe du monde aux États-Unis, le président des Républicains et candidat déclaré de son parti à la présidentielle pourra-t-il reconsidérer ses déclarations antérieures, lui qui ne cesse de marteler que «l’immigration n’est pas une chance pour la France»? Rien n’est certain, mais les propos d’Arsène Wenger réchauffent à coup sur la gauche qui a une position plutôt ouverte sur la thématique migratoire.

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