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Nabeba-Mbalam-Avima : le rail se précise entre le Cameroun et le Congo

Les deux pays ont signé mardi à Brazzaville le contrat de partenariat pour le financement, la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance de cet important projet ferroviaire qui, à terme, devra faciliter le transport de plus de 100 millions de tonnes de minerais de fer par an.

 

 

 Par Marole Akamba

Présenté à juste titre comme le plus gros projet ferroviaire d’Afrique centrale, le chemin de fer Nabeba-Mbalam-Avima qui doit relier Kribi, la ville portuaire du Cameroun à la République du Congo, a marqué un pas significatif vers sa matérialisation le 5 décembre 2023 dans la capitale congolaise. Les deux pays ont signé le contrat de partenariat pour le financement, la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance de ce projet dont la pose de la première pierre serait imminente selon des sources proches du dossier.

Pour l’occasion, la délégation camerounaise était conduite par deux membres du gouvernement. A savoir, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, et le ministre des Mines, de l’industrie et du développement technologique par intérim, le secrétaire d’Etat, Fuh Calistus Gentry. Etaient également présents, le Directeur général de la Société Nationale des Mines (SONAMINES), des autorités politiques, des hommes d’affaires et des partenaires chinois. Le gouvernement congolais était quant à lui représenté à cette cérémonie par le ministre d’Etat, ministre des Industries minières et de la géologie ; et le ministre des Transports, de l’aviation civile et de la marine marchande. Les deux délégations ont paraphé les documents avec et le directeur général de Bestway Finances.

Ce projet ferroviaire, faut-il le souligner, a été signé en mode Built-Operate-Transfer (BOT). A terme, il devra non seulement faciliter le transport de plus de 100 millions de tonnes de minerais de fer par an, mais aussi générer plus de 20 000 emplois directs et indirects, en même temps que plus de 20 000 milliards de F CFA de retombées fiscales entre les deux États, fait-on savoir au ministère des Transports camerounais. Long de 149 Kilomètres côté Congo, pour plus de 650 kilomètres pour l’ensemble de la première phase, ce projet jamais réalisé en Afrique centrale marque un progrès dans le secteur minier. En ce sens qu’il ouvre la voie à une connectivité accrue entre les régions et renforce les liens économiques et culturels entre le Congo et le Cameroun.

Il n’en fallait pas plus, pour que Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè exprime pour la circonstance, ses sincères remerciements au gouvernement congolais, notamment au président Denis Sassou Nguesso dont les efforts combinés avec ceux de son homologue camerounais, Paul Biya, «permettent de renforcer la coopération agissante entre les deux pays». En effet, se convainc le ministre camerounais des Transports, par ce contrat de partenariat, le Congo et le Cameroun ont décidé «d’unir leurs destins, dans la réalisation du plus grand projet minier transfrontalier d’Afrique centrale, porteur de nombreux espoirs et de retombées économiques, financières et techniques». Il rappellera également que «la signature de ce contrat intègre parfaitement la Stratégie nationale de développement du Cameroun (SND30)».

Développement multisectoriel

Par ce programme de développement multisectoriel, ajoute Ngallè Bibéhè, «le Cameroun entend ainsi, dans une perspective de connexion multimodale, interconnecter l’ensemble de son territoire par le rail, question de doter tous les coins et localités, de voies de communication modernes, piliers du développement des régions. L’interconnexion entre le Congo et le Cameroun, permettra donc à des millions d’individus de vivre le développement de manière accélérée et réelle. Grâce au chemin de fer, l’intégration régionale, une réalité que vivent déjà le Cameroun et le Congo, s’en trouvera renforcée grâce à la circulation des personnes et des biens sur le corridor Nord du Congo-Kribi. Ce sera également une nouvelle destination pour les touristes et hommes d’affaires». Prenant la parole, le ministre congolais en des Transports ira dans le même sens que son homologue camerounais, louant «l’excellence des relations entre le Cameroun et le Congo». Pour rappel, la signature du contrat de mardi fait suite à celui signé le 25 février 2023 à Yaoundé, entre le gouvernement camerounais et le Consortium Bestway Finance Ltd /AustSino. Il s’agissait d’accords contraignants, portant sur la conception, le financement, la construction, l’équipement, l’entretien et la maintenance d’une ligne de chemin de fer à double voies en BOT d’une longueur de 540 kilomètres entre Mbalam et Kribi, la cité portuaire en eau profonde au Cameroun.

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