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FÉMINICIDES AU CAMEROUN : UNE FEMME TUÉE PAR JOUR, JUSQU’À QUAND ?

Lorsque le foyer devient un lieu de terreur, la promesse de s’aimer, se respecter et se protéger mutuellement vole en éclats. C’est toute la société qui est interpellée face à l’explosion des violences et du crime contre la «mère de l’humanité».

Par Carole Diffo, Entrepreneure, Journaliste

Disons-le très clairement. Ce qui se passe au Cameroun relève de l’inédit sur l’échelle des horreurs contre les femmes. Entre viols, bastonnades et assassinats, le pays connaît sa pire série noire des violences faites aux femmes.

Dans bien des foyers, l’amour est devenu un ring de boxe sans règle ni pudeur et la femme, l’adversaire à abattre absolument. Ces drames se jouent parfois sous les yeux innocents des enfants, spectateurs affligés d’une scène qui les marquera à jamais au fer rouge.

Sept femmes tuées en une semaine, soit une victime par jour. Il suffit d’ouvrir son téléphone chaque matin pour lire l’horreur à la une : un homme décapite la mère de ses trois enfants. Un jeune de 23 ans enterre sa compagne de 19 ans.
Un jeune homme bouché de formation décapite son épouse. Sous le regard complice d’une société, d’amis, d’une famille, témoins silencieux. Tous voient les tensions se transformer en violences, mais choisissent de minimiser, de se taire. Et la violence s’enracine.

Silence meurtrier de la société

Pendant que la femme hurle de douleur et se meurt en silence comme dans une boucherie, la société regarde ailleurs. Et les crimes battent leurs propres records. Les chiffres sont accablants. Selon les données officielles communiquées par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) en 2026, cinquante (50) féminicides ont été recensés au Cameroun rien que sur le premier semestre. Un bilan qui s’alourdit.

Entre janvier et avril 2026, on dénombrait 166 cas de viols, 13 infanticides, une vingtaine d’enlèvements et 10 cas de sévices corporels. En 2023, le bilan était déjà de 56 féminicides. Pour la Ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa, ces chiffres ne représentent pourtant que la partie visible de l’iceberg : «La réalité est encore beaucoup plus grave. Simplement, beaucoup de familles choisissent de se taire, par peur d’être incomprises et stigmatisées».

Alors comment faire pour enrayer cette tragédie qui ne cesse de grandir ?C’est toute la question qui interpelle plus que jamais la Ministre et l’ensemble de la société camerounaise, au-delà du port des tee-shirts de dénonciation que promeut impuissamment Marie-Thérèse Abena Ondoa dans son département ministériel.

  

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